Le Front commun syndical en état de marche !

Publié le jeudi 29 octobre 2009 à 10:03 par Jacques Desmarais.

Frontcommun

Au cours des prochains mois, le monde du travail au Québec sera à nouveau interpelé par un événement récurrent, la négociation collective des conditions de travail des travailleuses et travailleurs du secteur public. Régis depuis 2005 par un décret suite à une loi adoptée sous le baillon, les syndicats du secteur public se sont rassemblés en front commun pour retrouver leur droit de négocier et améliorer les conditions de travail. Ce front commun historique (son étendue est inédite depuis 1972) a été constitué en mettant de l’avant une approche différente : le Front commun a demandé un échéancier raccourci, incluant une démarche de « pré-négociation » afin d’en arriver à un règlement d’ici le 31 mars 2010, date d’échéance du décret. La présidente du Conseil du trésor du Québec a déclaré qu’elle partageait l’objectif d’un règlement d’ici avril 2010.

Le Front commun syndical : c’est quoi ?

1. Un regroupement de 475 000 travailleuses et travailleurs : le Front commun réunit tous les grands syndicats présents dans les secteurs public et parapublic, soit les organisations regroupées au sein du SISP (CSQ, FIQ, SFPQ, SPGQ et APTS), de la CSN (FSSS, FEESP, FNEEQ et FP) et de la FTQ (SCFP, SQEES, SEPB et UES).

2. Un thème : « Ensemble pour les services publics » : « …il ne s’agit pas seulement d’améliorer les conditions de travail des salariés de l’État, il s’agit également de maintenir et d’améliorer les services publics », Claudette Carbonneau, présidente de la CSN.

3. Une tournée des représentants du Front commun dans toutes les régions du Québec (Val d’Or, Québec, Saguenay, Sherbrooke, Baie-Comeau, St-Hyacinthe, Gaspé, Joliette, St-Jérôme, Trois-Rivières, Gatineau, Rimouski) sur les enjeux de la négociation pour le renouvellement des conventions collectives qui arrivent à échéance le 31 mars 2010.

4. Un grand rassemblement à Montréal (29 octobre, CEPSUM) pour clore la tournée.

5. Des demandes syndicales déposées au Conseil du trésor du Québec le 30 octobre et dès lors, des actions syndicales pour appuyer les négociations dans les réseaux de l’éducation et de la santé ainsi que dans la fonction publique du Québec et dans certains organismes gouvernementaux.

6. Des enjeux cruciaux et des visions divergentes :

a. Le poids économique des services publics québécois : le fruit du travail quotidien d’un demi-million de personnes ; des investissements névralgiques pour le développement du Québec et des sommes investies dans les régions réintroduites entièrement dans l’économie.

b. Des conditions de travail en perte de vitesse : un retard salarial de 7,7 % en moyenne par rapport à l’ensemble des salariés du Québec et à 5,2 % par rapport au secteur privé (Institut de la statistique du Québec, 2008) ; une sécurité d’emploi fragmentée : 64 % ont des postes réguliers, les trois quarts à temps plein, le quart à temps partiel et 36 % ont des emplois sur appel, occasionnels ou temporaires, ne profitant d’aucune sécurité d’emploi.

c. Des finances publiques éprouvées par la crise financière : le gouvernement Charest ne veut pas de gel des tarifs des services publics (La Presse, 5 déc. 2008), il veut des mesures sans hausse du fardeau fiscal pour lutter contre les changements climatiques (La Presse, 3 oct. 2009) et il veut limiter la croissance des dépenses gouvernementales suite à sa décision de réduction de l’impôt des particuliers et des sociétés qui privent le gouvernement de revenus de 2,1 milliards cette année et de 2,5 milliards l’an prochain (Plan budgétaire 2009-2010).

Un dossier à suivre attentivement !

Voir à ce sujet la source principale des informations de cette page, le site de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) LES SERVICES PUBLICS : TOUT LE MONDE Y GAGNE.


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